Katrin Rougeventre©

Le thé : un art de vie

Les Chinois font la différence entre consommer du thé, une habitude ordinaire et quotidienne, et déguster du thé, un véritable savoir-faire nécessitant une initiation. Hissé au rang de l’art, le thé accompagne depuis toujours le développement de nombreuses autres formes d’expressions artistiques. Son influence sur l’art de la céramique par exemple, dont il a inspiré une foule d’objets, est considérable. Sur l’architecture également et sur l’agencement des jardins où de jolis pavillons, des vérandas et des galeries sont dédiés à la dégustation du thé.

Source d’ivresse et d’inspiration, le thé est intimement associé en Chine, à la poésie, à la peinture et à la calligraphie qu’il accompagne avec raffinement. Il constitue même le prétexte des rassemblements de lettrés qui s’épanchent, en vers ou en prose, autour de la finesse de son parfum ou la transparence de sa liqueur.

cueillette des thés de la pure clarté par une communauté de moines au Zhejiang
cueillette des thés de la pure clarté par une communauté de moines au Zhejiang

Il est inséparable également du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme pour qui il incarne la boisson d’immortalité. Il représente une sorte de lien spirituel entre le monde intérieur et la nature, une ouverture sur l’infini. Il doit contribuer à l’harmonie entre les êtres et les objets, au travers d’un choix d’accessoires qui ensemble, concourent à un équilibre.

Service à thé : Plateau et passoires en bambou, tasses en porcelaine, théière en terre pourpre de Yixing

Pour parvenir à cet état d’harmonie, au moins virtuellement, les grands crus et les nombreux ustensiles liés à sa préparation, empruntent souvent aux religions chinoises leur vocabulaire symbolique. Tandis que l’homophonie de la langue chinoise renforce les allusions ou les images reliant le thé aux éléments naturels, pour former ainsi un tout parfait.

 

 

Art du thé 茶艺 cha yi  et Culture du thé 茶文化 cha wenhua

Ces deux expressions chinoises, attachées au thé, traduisent bien plus que la gestuelle d’une cérémonie ou les nombreuses méthodes de préparation du thé. Ancrés en Chine depuis des siècles, la culture du thé et l’art du thé recouvrent un sens beaucoup plus profond. Car le thé est infiniment plus qu’une boisson. C’est une forme d’expression, un geste de socialisation qui réunit les membres d’une même civilisation dans l’exercice de certaines pratiques ou coutumes. C’est également la marque d’une éducation, d’une moralité et d’un statut social. La pratique du thé implique en effet une formation et un niveau de connaissance réservés autrefois à une élite.

ikebana et jolis objets participent à la cérémonie du thé

Les Chinois font la différence entre consommer du thé, une habitude ordinaire et quotidienne, et déguster du thé, un véritable savoir-faire nécessitant une initiation. Hissé au rang de l’art, le thé accompagne depuis toujours le développement de nombreuses autres formes d’expressions artistiques. Son influence sur l’art de la céramique par exemple, dont il a inspiré une foule d’objets, est considérable. Sur l’architecture également et sur l’agencement des jardins où de jolis pavillons, des vérandas et des galeries sont dédiés à la dégustation du thé.

Source d’ivresse et d’inspiration, le thé est intimement associé en Chine, à la poésie, à la peinture et à la calligraphie qu’il accompagne avec raffinement. Il constitue même le prétexte des rassemblements de lettrés qui s’épanchent, en vers ou en prose, autour de la finesse de son parfum ou la transparence de sa liqueur. Il est inséparable également du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme pour qui il incarne la boisson d’immortalité. Il représente une sorte de lien spirituel entre le monde intérieur et la nature, une ouverture sur l’infini. Il doit contribuer à l’harmonie entre les êtres et les objets, au travers d’un choix d’accessoires qui ensemble, concourent à un équilibre. Pour parvenir à cet état d’harmonie, au moins virtuellement, les grands crus et les nombreux ustensiles liés à sa préparation, empruntent souvent aux religions chinoises leur vocabulaire symbolique. Tandis que l’homophonie de la langue chinoise renforce les allusions ou les images reliant le thé aux éléments naturels, pour former ainsi un tout parfait.

Chemin de dalles posées sur l'eau à l'entrée d'une boutique-maison de thé. Nanning, Guangxi
Chemin de dalles posées sur l’eau à l’entrée d’une boutique-maison de thé. Nanning, province du Guangxi
Alignement de gobelets à thé en porcelaine
Alignement de gobelets à thé en porcelaine. Nanning, province du Guangxi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, de la nécessité de se retrouver pour partager ou pour échanger autour d’une tasse de thé, sont nées des institutions comme les maisons de thé, mais aussi des rituels et une étiquette qui encadrent aussi bien les moments importants de la vie que les actes répétés au quotidien.

Art de vie ou expression artistique, le thé forme un petit monde où se manifestent toutes les facettes de la civilisation chinoise. L’engouement que cette boisson a suscité au fil des époques aussi bien en Chine qu’à l’extérieur de la Chine, se reflète par son apport considérable à la culture mondiale, comme en témoignent l’art céramique, l’agencement floral, l’étiquette, trois domaines, parmi tant d’autres, profondément influencés par l’univers du thé.

 

Symboles de longévité et homophones de "toujours" , thé et pruniers en fleurs sont souvent rassemblés dans une m^me cérémonie.
Symboles de longévité et homophones de « toujours » , thé et pruniers en fleurs sont souvent rassemblés dans une m^me cérémonie.

 

 

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